jeudi 5 août 2010

"The Pillars of the Earth" saison 1 épisodes 1&2


Adapter un roman fleuve à l'écran, le défi est de taille, mieux vaut une mini série, nous voilà servis, et fort bien. Le beau cadeau nous vient de la chaîne Starz.
Nous plongeons en plein XII° siècle, en Angleterre, dans le royaume imaginaire de Kingsbridge. Les temps sont troubles, l'héritier de la Couronne vient de périr dans un naufrage, la santé du Roi ne présage non plus rien de bon, le trône est donc âprement convoité par sa fille et son neveu. Ca c'est pour la toile de fond politique. A cette époque, qui dit politique dit religion, or le prieuré aurait bien besoin d'une nouvelle cathédrale après l'incendie de son église. Là entre en scène notre héros récurent, Tom le bâtisseur, qui parcourt la campagne désespérément à la recherche d'un travail pour nourrir sa famille. Mais parmi les représentants de Dieu, les ambitions personnelles prennent aussi le dessus, certains désirent vraiment honorer le Tout Puissant, d'autres préfèrent s'honorer eux-même. La cathédrale rêvée de Tom, aux dimensions jamais encore imaginées, s'élèvera-t-elle un jour?
"The Pillars of the Earth" est donc une fresque historique, qui se veut plus divertissante que fidèle documentaire.La distribution est prestigieuse, des visages connus permettent de s'y retrouver dans la pléiade de personnages présentés dès ces premiers épisodes. C'est légèrement fouillis mais cela ne saurait durer, les intrigues deviennent vite passionnantes. Vivement la suite.

mercredi 4 août 2010

"Salt" de P. Noyce

Evelyn Salt est une très jolie femme, pas du genre blonde évaporée à s'évanouir à la moindre goutte de sang, que nenni, elle en ferait plutôt beaucoup couler. Elle est une des têtes fortes de la CIA et pour l'heure elle sort des geôles fort accueillantes de la Corée du Nord après un échange de prisonniers. La vie poursuit son cours, malgré les risques de son métier, elle concilie mariage et carrière professionnelle, adulée de tous. Un jour un espion transfuge est amené à la CIA et il dévoile une conspiration des plus inquiétantes : la Russie formerait dès l'enfance des agents dormants, implantés aux Etats-Unis pour perpétrer des actes terroristes à grande échelle. Et Evelyn Salt serait l'un d'entre eux... Oh? Stupeur, méfiance et course poursuite car Evelyn se sauve, mais pour prouver quoi? Qu'elle est un agent dormant? Un agent double?
Voilà comme se présente "Salt", le film d'action de fin d'été, et bien qu'au niveau scénario cela demeure plutôt faible, au niveau action, on est fort agréablement servi : poursuites, cascades, fusillades... et le charme d'Angelina Jolie pour envelopper le tout. De quoi se divertir et pas autre chose.

jeudi 8 juillet 2010

"jPod" de D. Coupland (Au Diable Vauvert)

Vancouver, Neotronic Art, une société conceptrice de jeux vidéo. Tel est le nouveau décor du dernier roman traduit de D. Coupland, "jPod". Et nous voilà embarqués dans le sillage désordonné d'une bande de game-designers, dont tous les noms débutent par un "j", en pleine immersion chez les geeks.
Le narrateur Ethan Jarlewski est un univers à lui tout seul : il se débat tant bien que mal entre son boulot aux horaires farfelus, ses collègues tous plus que moins barges et ses parents un rien envahissants, plus enfants terribles qu'adultes responsables. S'ensuivent des scènes hilarantes, absurdes, où l'insignifiant prend des proportions abracadabrantes. De plus, D. Coupland se met lui même-en scène dans un personnage tentant de semer la zizanie au sein de l'équipe. Et pour ajouter un côté ludique, il parsème son roman d'intermèdes où le lecteur peut participer aux défis débiles que seuls des geeks peuvent se lancer entre eux.
"jPod" prouve une fois de plus que D. Coupland est un grand témoin de son temps, avec sa vision très acérée de la génération Internet. Son roman est jouissif, drôle, comme d'habitude.

vendredi 2 juillet 2010

"Limousines blanches et blondes platines" de D. Fante (13E note)

Bruno Dante (alias évident de Dan Fante) traverse une nouvelle passe : la publication de son premier manuscrit vient d'être retardée pour une durée indéterminée, autant dire qu'elle est tombée aux oubliettes, son patron le vire avec un chèque non signé et ses problèmes d'alcool ne vont pas s'arranger sans argent.
En parcourant les offres d'emploi il tombe sur une annonce de Dav-Ko, un de ses anciens employeurs à New-York. Pourquoi ne pas tenter sa chance même dans son misérable état? Le big boss, David Koffman se souvient de lui et lui fait une proposition en or : un boulot de "chauffeur en chef nourri logé blanchi", à condition de gérer ses amis alcool et cachets de substitution. En plus il aura du temps pour écrire. Et voilà Bruno plongé dans le monde du luxe au volant d'une limousine, dans la faune extravagante et superficielle du gratin d'Hollywood, à jongler entre écriture boulot bouteille et mésaventures diverses. Parfois il fait une belle rencontre, comme JC Smart, une vieille dame adorant sa petite fille top-model, son chat et la littérature, et cela pourrait bien donner un coup de pouce à sa carrière d'écrivain.
"Limousines blanches et blondes platines" sous ses airs de fiction en révèle beaucoup sur la vie chaotique d'un écrivain underground, tour à tour drôle et désespéré. Au fil du récit des références à son père (à noter en bonus 2 textes des plus intéressants par et sur Dan Fante), à  Hubert Selby Jr et Charles Bukowski, tous mes auteurs favoris, alors comment ne pas aimer ce roman?   

mardi 29 juin 2010

"Luther" saison 1 (BBC)


John Luther, policier très impliqué, trop aux yeux de sa femme, applique des méthodes parfois troubles pour faire régner la loi : néanmoins faute de preuve il garde son boulot. Le dernier tueur qu'il poursuit se retrouve à l'hôpital dans le coma suite à une chute, et son réveil pourrait se révéler problématique pour la suite de sa carrière. John Luther est redoutable, autant pour les autres que pour lui-même : il sait comme personne déceler le mensonge chez les témoins (là il ressemble à Cal Lightman de "Lie to me") mais il est doté d'un naturel violent.
Son affaire suivante, le meurtre d'un couple par leur fille, Alice Morgan, une jeune femme fort intelligente et inquiétante : c'est un peu le double féminin de John Luther, aucune preuve pour l'accuser mais elle sait que John sait et sa violence, elle la maîtrise à la perfection. Entre les 2 commence un jeu du chat et de la souris, c'est le fil conducteur de la mini série, comment leur rapport de force va se transformer en une étrange amitié.
Pour incarner ce policier à fleur de peau, Idris Elba est parfait et cela fait plaisir de le revoir après "The wire", il est charismatique et tourmenté.
Quant au traitement de l'image il peut dérouter au premier abord, pas de caméra à l'épaule gigotant dans tous les sens ni de plan serré non, au contraire, les cadrages sont très larges, les personnages semblent perdus dans un coin, écrasés par le ciel ou le décor. C'est qu'ils ont de quoi être dépassé par les situations. Pas de suite prévue pour le moment, mais ce serait bien...

lundi 14 juin 2010

"Le chuchoteur" de D. Carrisi (Calmann-Levy)

Spécialisé en criminologie et en sciences du comportement, D. Carrisi délaisse le droit pour se consacrer à l'écriture sans toutefois oublier ses connaissances puisque son premier roman est un thriller en puissance. Faut avouer qu'il frappe fort, s'inspirant de faits réels, "Le chuchoteur" est passionnant de la première ligne à la dernière.
Mila Vasquez est spécialiste des enlèvements d'enfants, avec un taux de réussite impressionnant, aussi est-il naturel qu'elle intègre l'équipe de Goran Gavila pour résoudre l'affaire sinistre de 6 petites filles kidnappées dont pour le moment seuls les bras gauches ont été retrouvés enterrés. Le fil de l'enquête révèle peu à peu plusieurs méchants, orchestrés par un individu aussi intelligent que machiavélique qui sèmera le trouble au sein de l'équipe. Les rebondissements et les retournements ne cessent de tout remettre en question.
D. Carrisi se révèle un maître du suspens, très proche de ses personnages, avec un style descriptif et imagé faisant froid dans le dos. Nouveau venu dans le domaine du thriller, à suivre de très près.

lundi 7 juin 2010

"Proies" de M. Hayder (Presses de la Cité)

Le commissaire Jack Caffery et le sergent Flea Maley sont de retour. Ils se sont un peu perdus de vue ces derniers mois, la confiance qu'ils se portaient mutuellement quelque peu émoussée par leur affaire précédente (cf "Skins"). Mais à Bristol il se passe des choses terribles comme dans toutes autres villes. Un homme, dissimulé sous un masque de Père Noël, s'occupe en faisant du car-jacking, visant une femme seule, mais une enfant se trouvait sur la banquette arrière. Tout voleur s'en apercevant la laisserait au plus vite au bord de la route, sauf que là non, le vol avec violence se transforme en enlèvement et chantage à la clef. Au cours de l'enquête d'autres affaires similaires surgissent, et une autre petite fille est enlevée de la même façon. Jack Caffery et Flea Marley se trouvent confrontés à un sale individu au profil redoutable : très intelligent, machiavélique, patient, semblant se jouer des autorités.La confiance entre eux peut-elle revenir?
"Proies", c'est du très bon M. Hayder, meilleurs à mon goût que "Rituel" et "Skins" (où j'avais néanmoins découvert avec plaisir Jack Caffery et Flea Marley), aussi prenant que "Tokyo" et "Pig Island". Mon personnage favori demeure cependant le Marcheur, le sage de l'histoire, libre, sans attache mais organisé, un garde-fou vers qui se réfugier quand tout semble sombrer.

vendredi 4 juin 2010

"La compagnie des menteurs" de K. Maitland (Sonatine)

"1348 La peste a envahi l'Angleterre 
et les mensonges que vous proférerez 
vous conduirons à la mort"
C'est sur ce préambule réjouissant que K. Maitland accueille son lecteur dans "La compagnie des menteurs". Nous voilà donc plongés dans un Moyen-Age bien sombre et menaçant, en compagnie de 9 personnages tous aussi différents les uns des autres : un camelot de reliques (le narrateur), un magicien, un conteur, 2 musiciens italiens, une domestique, une jeune voyante de 12 ans et un couple avec héritier sur le point de naître. La peur de la peste les amène à faire route ensemble vers le nord du pays, loin de cette mort galopante. Et nous les accompagnons dans ce long périple, dans le froid mordant de l'hiver, sous une pluie glaciale, traversant des bois épais, des forêts lugubres, des villages dépeuplés avec parfois de curieuses traditions (comme le mariages d'infirmes  pour conjurer le malheur). Dans ces conditions si chaotiques, comment résistera notre petite troupe? D'autant que le mauvais sort semble les poursuivre et en frapper jour après jour les membres...
K. Maitland offre avec "La compagnie des menteurs" un très beau récit avant tout historique, teinté de fantastique et doublé d'une intrigue policière (le premier mort n'étant découvert qu'à la moitié du roman). Son Moyen-Age est inquiétant à souhait, ses personnages très fouillés, leur côté obscur peu à peu dévoilé, le tout se dévorant avec délectation jusqu'à l'ultime révélation.

samedi 29 mai 2010

"Là où vont nos pères" de S. Tan (Dargaud)

Dans le catalogue Dargaud existe une magnifique collection, "Long courrier". L'album "Là où vont nos pères", sorti en 2007 en est un des plus beaux one-shot. La couverture avec son ton sépia, son dessin au trait délicat chatouille l'oeil. Et sur les 128 pages intérieures, tout n'est que douceur, onirisme et splendeur. Aucune bulle le long du récit, place au dessin et à l'imagination.
L'histoire : celle d'un homme amené à quitter sa famille pour trouver un meilleur avenir ailleurs, son arrivée dans un pays inconnu, sa nouvelle vie, ses difficultés à s'intégrer. En l'absence de texte, tout n'est pas évident au premier abord, qu'importe, on s'immerge dans les planches, subjugué par les petites vignettes ou fasciné par les pleines pages. C'est trop beau, on se perd dans la contemplation, cet album est autant une oeuvre d'art qu'un récit graphique.


Alors, y'a de quoi s'oublier non?

mardi 11 mai 2010

"Brooklyn's finest" d'A. Fuqua

Faire régner l'ordre et la loi à New-York n'est déjà pas de tout repos, alors à Brooklyn... Sal, Eddie et Tango en arpentent depuis longtemps les rues chaudes. Ils ne se connaissent pas et mènent chacun leur vie différemment. Sal est marié, 3 enfants,des jumelles à venir et beaucoup de dettes. Eddie est en fin de carrière et ne trouve un semblant de réconfort que dans les bras d'une prostituée. Quant à Tango, c'est un infiltré chez les dealers du coin, flirtant dangereusement avec la légalité, au bout du rouleau. 3 destins qui ne devraient jamais se rencontrer mais à Brooklyn une affaire est souvent liée à l'autre.
A. Fuqua dirige à merveille son trio d'acteurs, Ethan Hawke, Richard Gere (trop bon de ne pas le voir en homme sexy de l'année) et Don Cheadle (mon chouchou) et dépeint un monde noir, violent et sans espoir. Ah nous sommes loin des films où être flic est le plus beau métier du monde!