mercredi 28 août 2013

"Canada" de R. Ford (Ed. de l'Olivier)

Berner et Dell Parsons ont 15 ans en 1960. Ils sont jumeaux et vivent dans un coin perdu du Montana, Rock Spring. Leur famille est en apparence banale, ni dans la pauvreté extrème ni dans l'opulence, juste en dessous du niveau moyen, c'est à dire avec des dettes sans être à la rue. Leurs parents forment un couple mal assorti, lui un grand beau gosse, ancien de l'Air Force, d'un naturel charmeur et insouciant, elle, petit bout de femme introvertie sans grand charisme. Ils s'aiment tous beaucoup pourtant, chacun à leur manière.
Par un beau matin d'août, alors que les jumeaux dorment encore, les parents partent en virée dans l'Etat voisin, le Dakota du Nord, pensant avoir trouvé la solution pour renflouer leurs comptes. Mais qu'a-t-il bien pu se passer dans leurs têtes? Des gens si ordinaires, pas super honnêtes si on songe au trafic de viande du père, mais pas des truands non plus. Ne les voilà-t-il pas qu'ils se prennent le temps d'une journée pour Bonnie Parker et Clyde Burrow, en braquant une banque pour, en grands amateurs qu'ils sont, à peine une poignée de dollars (même pas 3000), et surtout, pour se faire arrêter quelques jours après chez eux, sous les regards ahuris de leurs enfants.
Livrés à eux-même, les autorités étant plus préoccupés par le sort des parents braqueurs, Berner et Dell décident de se séparer pour échapper à l'orphelinat, Berner fugue et Dell se laisse amener au Canada par une vague connaissance de sa mère. Là il travaille pour un homme étrange et fascinant, propriétaire d'une maison close, et c'est dans ce pays étranger, dans un environnement rude et des conditions spartiates que le tout jeune homme va prendre de la maturité et commencer une nouvelle vie.
R. Ford a ainsi choisi comme narrateur Dell pour son nouveau et puissant roman. "Canada" est autant une chronique de l'Amérique profonde qu'une interrogation sur la famille, sur la vie, qu'un parallèle de sa propre vie (cf la critique parue dans Libération du 18 août 2013). La première moitié est consacré à la vie des Parsons avant le coup de folie des parents, et la seconde raconte comment un ado peut survivre à un tel évènement, à l'éclatement de la cellule familiale, à son passage à l'âge adulte. "Canada" est une lecture magnifique,grave et émouvante.

lundi 29 juillet 2013

"Only God forgives" de N. Winding Refn

Ce film là, je l'attendais avec impatience depuis, et oui, "Drive", qui avait été un grand moment de cinéma à sa vision. "Only God forgives" est aussi scotchant par sa force, sa violence, son esthétique, sa musique.
Bangkok et ses bas fonds, Julian gère une salle de boxe pour mieux cacher d'autres négoces occultes. Il y vit avec son frère aîné Billy, qui a un certain penchant pour les prostituées, mineures ce qui en Thaïlande ne pose aucun problème. Un soir un de ses ébats tournent au cauchemar, il assassine une de ces jeunes malheureuses. Entre alors en scène un le flic, plus vengeur solitaire qu'enquêteur, qui brandit un sabre au lieu d'un automatique. Vengeance, Billy est retrouvé mort. Vengeance encore quand débarque la mère de Billy et Julian, Crystal. Quel personnage celle là! Belle, blonde, glaciale, plus mère castratrice que protectrice, la cougar à fuir mais qui hypnotise, semblant tout droit sortie de la mythologie grecque. Sensée récupérer le corps de son fils, elle réclame justice sanglante à son petit dernier.
Tout le film tourne autour de la vengeance. Le scénario est simple, digne de tout film sur la mafia, mais N. Winding Refn est un virtuose dans l'art de la narration : lenteur des séquences, plans serrés, musique obsédante... Il semble ne rien se passer mais on perçoit le malaise, et soudain la violence explose. On se croit dans un mauvais rêve et au détour d'une respiration le cauchemar vous coupe le souffle. Et que dire de l'interprétation sinon que R. Gosling est une fois de plus stupéfiant, même si on a l'habitude de voir sa petite gueule d'ange soudain extérioriser sa rage intérieure, mais le clou est bien K. Scott-Thomas, hallucinante et magistrale.


lundi 15 juillet 2013

"Qui?"/J. Expert (Sonatine)

En mars 1994 s'est déroulé un terrible fait divers à Carpentras. Laetitia Doussaint, une jolie môme de 12 ans a été retrouvée morte, violée, défigurée, dans les bois alentours. L'affaire a fait la une des médias et a secoué à jamais toute une ville. Un suspect a été appréhendé, puis un deuxième qui s'est suicidé, aucun n'était le bon. Près de 20 ans après toujours aucun coupable arrêté.
2013, l'émission "Affaire non résolue" revient sur cette sombre histoire. C'est que dans l'ombre, certains n'oublient pas. Le commissaire Bouvard, persuadé d'avoir croisé l'assassin entre les couloirs du poste de police. Et Eugénie Vasseur, qui faisait partie du cercle d'amis de la famille Doussaint. En douce, tous 2 se rencontrent et partagent leurs intuitions, leurs doutes. Tout va se jouer le soir de la diffusion de l'émission, les souvenirs vont ressurgir et la vérité éclater.
"Qui?" est divisé en chapitres avec à chaque fois un narrateur différent. Le lecteur découvre vite qui est l'assassin puisqu'il se confesse. J. Expert nous fait partager l'intimité de 4 couples lors de ce qui pourrait être une banale soirée plateau télé. Comment un crime sordide a pu les rapprocher, les éloigner, les hanter. Il décortique aussi les coulisses d'un fait divers, le traumatisme, les suspicions les uns envers les autres, le déballage médiatique avec le talent de journaliste qu'on lui connaît. Le style est simple, précis, imagé, efficace. Portrait sans concession de la France profonde, cela aurait pu se arrivé à côté de chez nous.


lundi 8 juillet 2013

"Top of the lake" mini série de J. Campion (2013)




Quand de grands réalisateurs se détournent des grandes toiles pour se tourner vers le petit écran, cela vaut souvent le détour. Là c'est la très rare Jane Campion qui nous offre un petit bijou de mini série, "Top of the lake".
 Durant à peu 6 heures, nous sommes transportés quelque part dans le sud de la Nouvelle Zélande, entre lac, montagnes et forêts, dans une nature aussi belle que sauvage, à la rencontre d'une population aussi résignée qu'illuminée. C'est dans ce milieu que revient Robin Griffin, autant pour s'occuper de sa mère que pour chercher un second souffle. Elle est inspectrice mais a besoin de recul par rapport à son travail. Mais point de répit pour elle, les faits divers ont la fâcheuse tendance à se produire partout même au fin fonds du monde. Tui, une adolescente, disparaît, or c'est la fille adoptive du parrain local, Matt Mitcham, et pour couronner le tout, elle est enceinte.
L'enquête de Robin s'annonce des plus frustrantes : difficile de pénétrer des clans qui tentent de survivre dans un environnement où la nature ne fait aucune concession. Le clan Mitcham tout d'abord, à la tête de l'économie grâce à ses trafics, où chaque membre semble lié à la vie à la mort et surtout tremblant devant leur chef Matt. Puis le clan ou plutôt la communauté qui s'est depuis peu installée sur les rives (et propriétés des Mitcham) du lac : des femmes exclusivement, blessées par la vie, en quête de paix intérieure, menées par GJ, une étrange créature à la blanche chevelure, au regard tour à tour perçant ou absent, mi gourou New Age mi figure maternelle (à qui on a parfois envie quand même de retourner une baffe).
Jane Campion excelle dans l'art de poser une ambiance avec des séquence lentes, de nous donner envie de nous attacher à certains personnages, d'en détester d'autres. Nous sommes à cent lieues des séries policières    où en 40 mn tout est achevé. "Top of the lake" n'est pas sans rappeler le culte "Twin Peaks" par son côté étrange, onirique. Quand à son choix des acteurs, il est remarquable, Elizabeth Moss (Robin Griffin)est touchante et captivante ; Peter Mullan (Matt Mitcham) surprenant ; et mention spéciale à Holly Hunter (GJ) absolument ahurissante.
Pour ceux qui ne téléchargent pas (hum c'est possible?), c'est Arte qui a acheté les droits de la série, il faudra juste attendre cet automne.


samedi 6 octobre 2012

"La vérité sur l'Affaire Harry Quebert" de J. Dicker (Editions de Fallois/L'Age f'Homme)

Ah l'automne littéraire et tous ces romans qui tombent sur les libraires comme les feuilles de l'automne tourbillonnent sur les boulevards... A en saisir un au vol, ce serait celui de Joël Dicker, qui emporte et transporte de la première à la dernière page, dans une histoire époustouflante, entre littérature et thriller, narration extraordinaire et rebondissements sans fin.
Dès la couverture, la reproduction d'une toile de mon bien aimé Edward Hopper, ( à l'honneur avec une rétrospective au Grand Palais), nous sommes transportés en Amérique. Aurora, petite ville du New Hampshire, pourrait ressembler à cette peinture tranquille et ombragée. Mais il faut savoir s'avancer au-delà des apparences trop tranquilles.
2 années seraient à marquer d'une croix maudite dans les annales d'Aurora : 1975, une jeune fille de famille respectable disparait ; 2008, son corps est retrouvé. Au centre de la tragédie Harry Quebert, écrivain adulé, et gravitant autour Marcus Goldman, son disciple, ayant dépassé le maître.
"La vérité sur l'Affaire Harry Quebert" c'est l'enquête de Marcus Goldman sur un terrible fait divers, la découverte plus de 30 ans après sa disparition du corps de Nola Kellergan, 15 ans alors, et fille d'un très respecté révérend. Marcus traverse alors une mauvaise passe, il se morfond à New-York, victime du syndrome de la page blanche alors qu'il a à entretenir sa réputation d'écrivain le plus doué de sa génération. Il reçoit alors un appel désespéré de son mentor, Harry Quebert, considéré comme le monstre sacré de la littérature : il est accusé du meurtre passionnel de Nola. N'écoutant que son coeur, Marcus accourt à Aurora. Il découvre tout un pan inconnu du passé de son maître, et malgré le parfum sulfureux de l'affaire et les menaces dont il est victime, il décide de partir en quête de la vérité car Harry, c'est tout, son guide spirituel, le père idéal et l'ami indéfectible.
J. Dicker non seulement nous livre un  roman à suspens a couper le souflle, mais aussi une peinture sans fard de la société américaine, et surtout une fine réflexion sur la création littéraire et le métier d'écrivain.

dimanche 8 juillet 2012

"Les larmes de l'assassin" de T. Murat (Futuropolis)

A lire une bd par jour, on tombe forcément sur une pépite. Celle là sort du tamis Futurpolis, inspirée d'un roman d'Anne-Laure Bondoux (vite se le trouver), et merveilleusement réinterprétée par Thierry Murat : "Les larmes de l'assassin".
L'histoire se déroule au fin fond du Chili, là où se dresse à peine une cabane tous les cent kilomètres, où la nature demeure hostile, où "même les pierres semblent souffrir". Un enfant y grandit pourtant, Paolo, peut-être 5-6 ans. Ses parents vivotent dans une ferme, avec quelques bestioles et un jardin misérable. Parfois un étranger passe, c'est toujours un évènement, mais la vie triste et monotone reprend dès qu'il s'en repart.
Un jour débarque Angel Allegria, c'est un assassin en cavale, las de fuir. D'entrée il tue les parents de Paolo. Quant au petit garçon, il décide de l'épargner, qui pourrait-il aller avertir? et qui sait, il peut être utile pour cuisiner? Un jour passe, puis deux, les jours se transforment en semaines, en mois, une routine s'établit, cette nouvelle vie sans violence et tentation plaît à Angel, et Paolo l'a adopté. Mais la tranquillité même au bout du monde n'est point éternelle. Un jour arrive un étranger, c'est Luis Secunda, un fils de bonne famille fuyant la richesse familiale, se cherchant encore un but en faisant le tour du monde, et le sud du Chili lui semble idéal. Angel tout d'abord jaloux finit par l'accepter, Luis va apprendre à lire à Paolo et la vie poursuit son son cours au gré des rafales de vent et des pluies glaciales. Mais peu à peu, les bêtes meurent, le jardin aussi et à moins d'aller en ville chercher de nouvelles bestioles grâce à l'argent de Luis, c'est la famine assurée. Ils partent donc tous les trois à Punta Arenas, c'est un périple d'une centaine de kilomètres, mais un retour vers la civilisation ne ramène-t-il pas les vieux démons?
L'histoire du petit Paolo est des plus touchantes, qui pourrait résister à ce môme triste et solitaire, prêt à s'attacher au premier venu sans poser de question, débrouillard et futé, si perdu dans cette nature aussi sauvage que belle? Quant aux planches de T. Murat, elles illustrent l'histoire avec sobriété, le trait est épuré, les couleurs monochromes, le découpage varié, adapté au contexte, un petit bijou d'album.

dimanche 24 juin 2012

"Restless" de G. Van Sant

Enoch et Annabelle ont le bel âge du lycée mais ne le fréquentent plus. Lui parce qu'il n'a pu assister à l'enterrement de ses parent depuis peu décédés court d'une cérémonie funèbre à une autre. C'est là qu'il croise un jour Annabelle, elle a la douceur d'un ange et plus que quelques semaines à vivre. Une tumeur au cerveau, qu'importe, elle compte bien profiter du peu qu'il lui reste. En trois mois tous deux vont faire l'apprentissage de la vie, découvrir l'amitié, l'amour et le sexe.
"Restless" est donc une histoire d'amour, mais loin de faire pleurer dans les chaumières avec une telle issue. G. Van Sant nous offre un film plein de douceur et de pudeur, illuminé par la candeur de Mia Wasikowska et l'élégance nonchalante d'Henry Hopper.

samedi 21 avril 2012

"Avenue des Géants" de M. Dugain

Edmund Kemper a tristement sévit aux Etats-Unis dans les années 60, avec ses 2m10 on le surnommait "l'ogre de Santa Cruz". D'un QI exceptionnel mais étouffé par une enfance malheureuse, il débuta sa carrière de tueur en série à 14 ans, assassinant d'abord ses grands-parents, puis de jeunes auto-stoppeuses, pour finir par sa mère et une de ses amies. Depuis 1973 il est enfermé dans une prison de Californie, c'est un détenu modèle, qui n'a plus envie de tuer ni de sortir.
M. Dugain a choisi pour son dernier roman de se glisser dans la tête de cet effroyable personnage, il l'a rebaptisé Al Kenner. Il s'est beaucoup documenté, s'est même rendu sur les lieux du crime mais a refusé de rencontrer le bonhomme.
"Avenue des Géants" est absolument fascinant : faisons comme si on ne connaissait rien du personnage original. Une femme d'un âge certain visite régulièrement un prisonnier, il est là depuis longtemps et sûrement pour toujours. Chaque fois elle lui amène des livres : il en fait des enregistrements pour les aveugles et mal-voyants. Peu à peu nous est dévoilée l'histoire de cet homme, mais le pourquoi de sa présence derrière les barreaux ne viendra que très tard. Là est toute la force du récit : M. Dugain privilégie les états d'âme aux actes, les atmosphères aux images gore, le contexte à l'histoire. Il livre en même temps une peinture très réaliste de la société américaine tiraillée par la guerre du Vietnam et les idées pacifistes de sa jeunesse. Difficile d'y trouver une place quand enfant votre père vous a abandonné et que votre mère déclare «Je suis la première femme à avoir fait une fausse couche menée à son terme.»

jeudi 16 février 2012

"Claustria" de R. Jauffret (Seuil)

Ce roman est atroce, chaque page est une souffrance, une sueur glaciale, une écharde à vif, mais impossible de l'abandonner, on passe outre le dégoût et la répulsion.
"Claustria" se veut un roman mais s'inspire d'un indicible fait divers : les 24 années de séquestration et d'inceste que Josef Friztl a imposé a sa fille à la fin du siècle dernier quelque part en Autriche, dans la cave de la maison familiale. A l'étage, la femme et mère, ne voulant se rendre compte de rien malgré les bruits épouvantables qui traversent les murs. Son homme lui a dit que sa fille était partie vivre dans une secte, trop facile d'y croire. Et ces bébés qui au fil du temps apparaissent, soi-disant abandonnés par cette fille indigne, elle les élèvent sans poser de questions. D'autres n'auront pas ce destin, ils grandiront dans la cave, développant leur propre langage, traînant le plus souvent à quatre pattes, devenant obèses malgré la malnutrition.
Pourquoi lire jusqu'au bout une histoire aussi suffocante? Grâce au talent de narrateur de R. Jauffret. Il n'écrit froidement pour faire du sensationnalisme, il ne signe pas un article du Nouveau Détective, non, il veut comprendre : il se met en scène en tant qu'enquêteur désirant se rendre sur les lieux, rencontrer les personnages, ce monstre de père, mais surtout sa prisonnière pour se glisser dans son esprit et partager sa peur, sa solitude, son désespoir, sa souffrance et sa dépendance.
Je ne saurai recommander ou conseiller avec légèreté "Claustria", c'est un roman bien trop terrible, mais je ne regrette en rien ces quelques heures douloureuses de lecture. 

vendredi 13 janvier 2012

"Un homme de tempérament" de D. Lodge (Rivages)

C'est le temps des biographies, après la vie très romancée de Charles Dickens par D. Simmons, voici que je me lance dans celle d'H. G. Wells par D. Lodge, beaucoup moins fantasque mais néanmoins tout aussi trépidante.
Quel Don Juan ce H. G. Wells, il tombait les femmes comme il noircissait les pages, de manière frénétique et passionnée, tout en restant très à l'écoute des évènements politiques de son temps. Impossible de résumer sa vie, il rencontra tellement de personnages haut en couleur, certains sont rentrés dans l'Histoire, d'autres l'ont profondément marqué. Il a parcouru le monde, des Etats-Unis à la Russie , pour rencontrer les grands, échanger et débattre de leurs idées. Sans oublier d'écrire encore et encore, rencontrant succès et déceptions, faisant couler beaucoup d'encre autant dans les revues littéraires que dans les tabloïds. Sa vie privée était aussi complexe, souvent choquante pour les traditionnelles moeurs anglaises : il prônait et mettait en pratique l'amour libre. Certaines femmes ont suivi, d'autres se sont éclipsées, ou parties pour mieux revenir, bref c'était un festival permanent de jupons autour de ce cher homme, et ce jusqu'à sa mort.
"Un homme de tempérament" est un récit très envolé mais aussi une belle peinture de la société anglaise de la première moitié du XX° siècle. Sur quel auteur allez-vous vous pencher dans votre prochain roman Mr Lodge? Quoique avec votre écriture toujours aussi élégante, Sir Lodge conviendrait mieux.